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Le Sénat français reconnaît la répression du "17 octobre 1961"

mardi 23 octobre 2012, par La Rédaction

Le Sénat français a adopté, mardi, une résolution reconnaissant la répression par les forces de l’ordre françaises de la manifestation d’Algériens du 17 octobre 1961 à Paris, avec 174 voix pour, et 168 contre. Ce vote intervient six jours après la déclaration de François Hollande rompant le silence officiel sur la "répression sanglante" de cette manifestation, qui avait fait, selon les sources, de plusieurs dizaines à environ 200 morts. La résolution avait été proposée par le groupe communiste, qui l’a votée, tout comme les socialistes et les écologistes. En revanche, l’UMP et les centristes ont voté contre.
La déclaration du chef de l’État "est un acte important, tant attendu, auquel il nous revient aujourd’hui de donner toute sa portée par un vote solennel de notre assemblée", a jugé le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.
"Mettons en cause les responsabilités de ceux qui ont dérapé, mais pas celle de la République", a en revanche souhaité l’ancien ministre Roger Karoutchi (UMP). Au nom des centristes, Yves Pozzo di Borgo a déclaré qu’il n’était pas favorable à cette déclaration en l’état. Il a demandé en revanche une large concertation, "en associant l’Algérie", "pour trouver la route du pardon mutuel".
Robert Hue (RDSE) a jugé important de disposer "d’un lieu du souvenir à la mémoire des victimes, comme le propose la résolution". "Plus que l’érection d’un lieu de mémoire", Esther Benbassa (écologiste) a demandé que "le 17 octobre 1961 trouve sa juste place dans l’histoire de notre pays". Alain Vidalies, ministre délégué aux Relations avec le Parlement, a apporté le soutien du gouvernement à la résolution, jugeant qu’"il faut que la vérité soit dite, sans repentance, ni accusation particulière".
La déclaration de François Hollande avait été critiquée à droite, l’ex-Premier ministre François Fillon, par exemple, s’élevant contre "la culpabilité permanente" assénée dans une France "en dépression nerveuse quasi permanente". "Bien sûr qu’on peut reconnaître !", avait-il dit, "mais chacun sait qu’il y a aussi les crimes de l’Algérie au lendemain de l’indépendance, le massacre des harkis, la question des archives algériennes jamais ouvertes". Le Sénat doit encore examiner jeudi une proposition de loi faisant du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, une "journée nationale du souvenir" en mémoire des victimes du conflit.
Cette proposition, adoptée par l’Assemblée il y a plus de dix ans, le 22 janvier 2001, suscite depuis de vives polémiques. Pour de nombreuses associations, d’anciens combattants, mais aussi de rapatriés d’Algérie, le 19 mars marque en effet le début de l’exode de pieds-noirs et de la tragédie des harkis. Le débat sur la reconnaissance de la répression du 17 octobre 1961 comme l’examen du texte sur le 19 mars surviennent à quelques semaines d’un voyage de François Hollande en décembre en Algérie au cours duquel la France souhaite conclure un "partenariat stratégique".

(23 Octobre 2012 - Avec les agences de presse)

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