Assawra

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Égypte > L’Égypte s’embrase à nouveau

L’Égypte s’embrase à nouveau

samedi 2 mars 2013, par La Rédaction

Des manifestants ont mis le feu à un commissariat à Port Saïd samedi, au moment où le secrétaire d’État américain John Kerry arrivait au Caire pour discuter de la transition dans le pays en proie à une grave crise politique. Quelque 500 manifestants ont lancé des cocktails molotov et des pierres sur le commissariat de cette ville du nord-est de l’Égypte, provoquant un incendie, et bloqué l’accès aux pompiers, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Les manifestants s’étaient rassemblés devant le commissariat après des affrontements au cours desquels deux hommes avaient été blessés quand un camion de police a heurté des personnes manifestant un peu plus tôt, a indiqué le ministère. Port Saïd observe un mouvement de désobéissance civile pour la troisième semaine consécutive. Des violences similaires ont eu lieu dans le delta du Nil (nord), où une personne a été tuée et des dizaines d’autres blessées dans des accrochages nocturnes entre policiers et manifestants à Mansoura, selon un responsable de la sécurité. Selon des médias locaux, le manifestant est mort après s’être fait écraser par une fourgonnette de la police.
Mansoura est la dernière en date des provinces du pays à lancer une campagne de désobéissance civile, après celles de Port Saïd, Ismaïliya et Suez. Les violences depuis le début janvier ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés dans le pays en proie à une grave crise politique et théâtre depuis des mois de manifestations hostiles au président islamiste Mohamed Morsi, accusé d’accaparer le pouvoir et d’avoir échoué à régler les problèmes sociaux et économiques.
Ces dernières violences surviennent alors que le secrétaire d’État américain John Kerry est arrivé au Caire dans le cadre d’une tournée régionale pour des entretiens sur la transition politique. Il doit rencontrer le président Morsi, le chef de la diplomatie Mohamed Kamel Amr et des représentants de partis politiques et de la société civile. Lors d’une conversation téléphonique cette semaine, le président américain Barack Obama a affirmé à Mohamed Morsi qu’il était "responsable de la protection des principes démocratiques" et l’a encouragé ainsi que "tous les groupes politiques à oeuvrer au consensus et à faire progresser la transition".

**

John Kerry joue aux médiateurs
Le secrétaire d’État américain John Kerry a entamé samedi sa visite au Caire, destinée à pousser à un consensus entre pouvoir et opposition pour sortir l’Égypte de l’impasse politique et de la crise économique. Alors que John Kerry arrivait au Caire en provenance de Turquie, des manifestants ont mis le feu à un commissariat à Port Saïd (nord-est), une ville qui observe un mouvement de désobéissance civile pour la troisième semaine consécutive afin de protester contre la politique du président Mohamed Morsi.
Le responsable américain, qui effectue sa première tournée internationale depuis sa prise de fonctions le 1er févier, doit s’entretenir avec le président Mohamed Morsi, ainsi qu’avec des représentants de plusieurs partis politiques, des organisations de la société civile et des hommes d’affaires. "Il travaille à établir des contacts avec le gouvernement, l’armée, et les personnes impliquées dans la nouvelle Égypte : les dirigeants politiques, les chefs d’ONG, les hommes d’affaires", selon un responsable du département d’État.
Depuis l’élection en juin 2012 de Mohamed Morsi, premier président islamiste et civil d’Égypte, le pays est plongé dans des crises à répétition et divisé entre les partisans du président et une opposition hétéroclite, en majorité libérale et de gauche, chapeautée par le Front du salut national (FSN). Les détracteurs de Mohamed Morsi l’accusent d’avoir failli à ses engagements de régler les problèmes sociaux et économiques, et d’avoir trahi la révolution de 2011 qui a renversé le régime autocratique de Hosni Moubarak et l’a porté au pouvoir.
Un dirigeant du FSN, Hamdeen Sabahi, a dit jeudi avoir refusé, avec un autre opposant de renom, Mohamed El Baradei, de voir John Kerry, en raison des pressions de Washington visant à convaincre l’opposition de revenir sur sa décision de boycotter les élections législatives prévues à partir du 22 avril. John Kerry devrait cependant rencontrer Amr Moussa, lui aussi un dirigeant du FSN, selon un communiqué de Amr Moussa.
Le secrétaire d’État est disposé à s’entretenir avec tous les partis politiques, a indiqué aux journalistes le responsable du département d’État. "John Kerry ne va pas leur dire ce qu’il faut faire", mais il soulignera le fait que "la seule manière de se faire entendre, c’est de participer aux élections". Le FSN accuse les Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, de vouloir "dominer" les institutions de l’État, exige un gouvernement de "salut national" et explique le boycott du scrutin par l’absence de garanties sur sa transparence.
L’opposition a organisé des manifestations de masse contre Mohamed Morsi en novembre et décembre pour dénoncer les pouvoirs exceptionnels qu’il s’était arrogés - auxquels il a finalement renoncé - et contester une Constitution rédigée par une commission dominée par les islamistes qui a été adoptée. Lors d’un entretien téléphonique cette semaine, le président Barack Obama a dit à Mohamed Morsi qu’il était "responsable de la protection des principes démocratiques", l’encourageant, ainsi que "tous les groupes politiques, à oeuvrer au consensus et à faire progresser la transition".
En janvier, les manifestations marquant le 2e anniversaire de la révolution se sont transformées en protestations anti-Morsi et ont dégénéré pendant plusieurs jours en heurts qui ont fait une soixantaine de morts. L’arrivée de John Kerry est d’ailleurs survenue quelques heures après de nouveaux heurts nocturnes à Mansoura, au nord du Caire, qui ont coûté la vie à un manifestant et blessé 40 personnes dont dix policiers.
L’instabilité politique a également aggravé la crise économique en Égypte avec l’effondrement des investissements étrangers et la chute du tourisme. L’agence de notation Moody’s a dégradé d’un cran la note souveraine de l’Égypte, qui passe à "B3" contre "B2", alors que le pays a sollicité un prêt de 4,8 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international et attend toujours un accord.

(02-03-2013 - Avec les agences de presse)

Pour vous inscrire à notre liste de diffusion "Assawra"
faites la demande à l’adresse : Assawra1-subscribe@yahoogroupes.fr

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href=http://www.Assawra.Info/spip.php?article10>http://www.Assawra.Info/spip.php?article10