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Égypte : le grand imam d’Al-Azhar "en retrait" jusqu’à la fin des violences

lundi 8 juillet 2013, par La Rédaction

Le grand imam Ahmed Al-Tayeb d’Al-Azhar, la principale autorité sunnite d’Égypte, a annoncé lundi qu’il se plaçait "en retrait" jusqu’à la fin des violences en Égypte, qui ont fait au moins 42 morts dans la matinée. Dans un communiqué qu’il a lu à la télévision d’État, il a annoncé sa décision de se mettre en réserve. L’imam avait apporté jeudi sa caution à la mise en place d’une "feuille de route" présentée par l’armée pour mener la transition après le coup militaire qui a renversé le président islamiste Mohamed Morsi, à la suite de manifestations de masse réclamant son départ. Le patriarche copte orthodoxe Tawadros II et des responsables de l’opposition anti-Morsi ont également soutenu cette feuille de route.
Alors qu’aucun délai n’a été donné pour la transition, l’imam Al-Tayeb a réclamé lundi que soit "annoncée la durée de la transition" qui ne devra pas excéder, selon lui, "six mois". Il a également appelé à créer "sous deux jours maximum un comité de réconciliation nationale" dans le pays où les violences liées à la polarisation politique ont fait plus d’une centaine de morts depuis près de deux semaines de mobilisation des pro et des anti-Morsi. Il a également demandé une "enquête immédiate" sur les circonstances de la mort d’au moins 42 personnes tuées lundi matin, selon un haut responsable des services d’urgences, durant une manifestation de partisans du président déchu Morsi.
Les Frères musulmans ont dénoncé des tirs de l’armée et de la police pendant la prière de l’aube, tandis que l’armée a assuré avoir répliqué à une attaque de "terroristes" contre le bâtiment de la Garde républicaine.

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Enquête ouverte après des heurts meurtriers au Caire
Au moins 42 manifestants pro-Morsi ont été tués lundi au Caire par des tirs dénoncés comme un "massacre" par les Frères musulmans, dans un contexte de tensions croissantes après la destitution par l’armée du président islamiste et une transition qui s’annonce difficile.
A l’aube, des partisans du président Mohamed Morsi priaientt devant le site de la Garde républicaine quand des soldats et des policiers ont ouvert le feu, ont rapporté les Frères musulmans dans un communiqué.
Ces violences ont également fait plus de 300 blessés, a indiqué à l’AFP un haut responsable des services d’urgence sans préciser s’il s’agissait exclusivement de manifestants islamistes.
Le président par intérim Adly Mansour a ordonné l’ouverture d’une enquête sur ces violences, a rapporté la télévision d’Etat.
"Le président de la République a chargé une commission juridique d’enquêter sur les événements survenus devant (le siège) de la Garde républicaine", a annoncé la télévision.
Le principal parti salafiste, al-Nour, qui a soutenu au sein d’une coalition majoritairement laïque le coup militaire contre M. Morsi, a annoncé son retrait des discussions sur le choix d’un Premier ministre et d’un gouvernement de transition.
Depuis la destitution et l’arrestation de Mohamed Morsi mercredi par l’armée, la tension ne cesse de monter en Egypte entre ses partisans et ses opposants et des heurts sanglants ont fait plusieurs dizaines de morts.
Lundi devant le site de la Garde républicaine, des manifestants ont fait état de tirs à balles réelles et de grenades lacrymogènes, dans des circonstances qui restent confuses. D’autres témoins ont raconté que les forces de l’ordre avaient tiré en l’air et que les tirs directs venaient "d’hommes de main" en civil.
L’armée a expliqué de son côté que des "terroristes armés" avaient attaqué le siège de la Garde républicaine, provoquant la mort d’un officier et laissant six conscrits dans un état critique, selon un communiqué militaire cité par le journal gouvernemental al-Ahram.
Le quartier, survolé par des hélicoptères, était bouclé par des barrages des forces de l’ordre.
Parallèlement, le parti de la justice et de la liberté (PLJ), vitrine politique de la confrérie, a appelé au "soulèvement du grand peuple d’Egypte contre ceux qui sont en train d’essayer de lui voler sa révolution avec des chars" et a mis en garde contre "l’apparition d’une nouvelle Syrie dans le monde arabe".
Quelques heures après cette déclaration, les autorités ont décidé de fermer le siège du PLJ au Caire après la découverte "de liquides inflammables, de couteaux et d’armes", a annoncé à l’AFP un haut responsable de sécurité.
Dans la matinée, des islamistes ont capturé deux soldats et les ont obligés, en frappant violemment l’un d’eux, à prononcer une déclaration hostile à l’armée, a rapporté un haut responsable de l’armée en précisant que les deux soldats avaient réussi à s’enfuir.
Le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, un temps pressenti pour prendre la tête du gouvernement de transition, a condamné "avec fermeté" les violences de l’aube et a réclamé une enquête indépendante, dans un message sur Twitter.
La nomination de M. ElBaradei s’était heurtée à l’opposition d’al-Nour, qui a également émis des réserves sur le choix d’un économiste de centre-gauche, Ziad Bahaa Eldin, estimant que ces hommes n’étaient pas assez consensuels.
Le prochain Premier ministre aura la lourde tâche de redresser une économie au bord de la banqueroute et de mener la réconciliation nationale dans un pays fortement polarisé.

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Le bilan des violences s’alourdit en Égypte : 51 morts
Au moins 51 personnes ont été tuées et 435 blessées lundi lors de tirs contre une manifestation de partisans du président déchu Mohamed Morsi devant le siège de la Garde républicaine au Caire, selon un nouveau bilan des services d’urgence.
Des manifestants ont indiqué avoir été attaqués à l’aube par des tirs à balles réelles et de grenades lacrymogènes, dans des circonstances qui restent confuses, les Frères musulmans - dont est issu Mohamed Morsi - accusant l’armée.
Cette dernière a expliqué de son côté que des "terroristes armés" avaient attaqué le siège de la Garde républicaine, provoquant la mort d’un officier et laissant six conscrits dans un état critique, selon un communiqué militaire cité par le journal gouvernemental Al-Ahram. Le président par intérim, Adly Mansour, a ordonné l’ouverture d’une enquête.

(08-07-2013 - Avec les agences de presse)

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