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Tunisie : blocage sur le choix du Premier ministre le jour J

samedi 2 novembre 2013, par La Rédaction

L’opposition et les islamistes au pouvoir en Tunisie peinent à s’accorder sur le nom du futur Premier ministre indépendant qui doit être annoncé samedi et aura la lourde tâche de sortir le pays d’une crise politique nourrie par les violences jihadistes.
Après une première réunion dans la matinée entre opposants et islamistes au pouvoir ainsi que leurs alliés, une seconde rencontre a débuté vers 16H30 GMT pour essayer de trancher la question du futur chef du gouvernement avant la fin de la journée.
"Nous ne sommes pas arrivés à un consensus mais nous sommes sur le chemin", a affirmé un haut responsable du parti islamiste Ennahda, Ameur Larayedh, après l’échec des pourparlers dans la matinée.
Selon des politiques interrogés par l’AFP, les négociateurs n’ont pas réussi à départager deux candidats : Mohamed Ennaceur, 79 ans, soutenu par l’opposition et Ahmed Mestiri, 88 ans, soutenu par Ennahda et ses alliés.
Il s’agit de vétérans de la vie politique qui ont été ministres du premier président et père de l’indépendance, Habib Bourguiba.
"Nous considérons que Mestiri est l’homme de la situation. Il est à égale distance de tout le monde", a dit à l’AFP, le porte-parole des islamistes, Zied Laadhari.
Une position rejetée par l’opposition qui le juge trop vieux et trop faible pour occuper une telle fonction.
"Mestiri n’est pas apte (physiquement) à accomplir la mission d’un Premier ministre", a jugé Mourad Amdouni, représentant d’une coalition d’opposition de gauche.
Le dialogue national entamé il y a une semaine doit déboucher sur la nomination de la personnalité qui devra succéder au Premier ministre islamiste Ali Larayedh et conduire la Tunisie vers des élections.
M. Larayedh a cependant conditionné son départ à l’application stricte du calendrier des négociations, qui prévoit la mise en place d’une législation et d’un calendrier électoraux ainsi que le lancement de la procédure d’adoption de la Constitution, en cours de rédaction depuis deux ans.
Sa démission formelle ne doit d’ailleurs pas intervenir avant la mi-novembre.
Et le calendrier des négociations a déjà pris du retard sur un autre front : l’élection des membres de la future commission électorale par l’Assemblée nationale constituante (ANC), prévue à l’origine pour samedi, a dû être reportée.
Un tribunal administratif a en effet notifié à la Constituante qu’elle devait attendre la promulgation de la loi créant cette instance et sa publication au journal officiel avant de procéder au choix de ses membres.
La présidence a annoncé samedi matin que la loi avait été promulguée par le chef de l’Etat, Moncef Marzouki, selon l’agence officielle TAP.
Par ailleurs, une séance plénière de l’ANC prévue en début d’après-midi pour réformer son règlement intérieur afin d’accélérer ses travaux n’avait pas commencé vers 17H00 GMT.
Le "dialogue national" en cours vise à sortir la Tunisie de la profonde impasse dans laquelle elle est plongée depuis l’assassinat le 25 juillet du député d’opposition Mohamed Brahmi, attribué à la mouvance jihadiste.
Les négociations ont pu débuter le 25 octobre avec la promesse d’Ennahda de céder le pouvoir à des indépendants.
Mais parallèlement, les heurts impliquant des groupes armés se sont multipliés, culminant mercredi avec des attaques contre deux sites touristiques, pour la première fois depuis la révolution de janvier 2011 : l’un a été visé par un attentat suicide qui n’a pas fait de victime et l’autre par une tentative déjouée à temps.
Durant le seul mois d’octobre, neuf gendarmes et policiers ont été tués dans des affrontements.
Si aucune revendication n’a été annoncée, le gouvernement a attribué les attaques à des groupes liés aux salafistes d’Ansar Ashariaa, mouvement accusé de liens avec Al-Qaïda.
L’opposition accuse Ennahda d’être responsable par son laxisme de l’essor de ces groupes armés et des violences.
L’incertitude politique et l’essor jihadiste continuent en outre de déprimer l’économie tunisienne, déjà anémique avant la révolution de 2011 dont les principaux facteurs avaient été la pauvreté et la misère.
Arrivés au pouvoir après l’élection de la constituante en octobre 2011, les islamistes ont été considérablement affaiblis par la multiplication des crises politiques, les assassinats de deux opposants, les heurts avec les jihadistes et les polémiques sur leurs tentatives supposées "d’islamiser" la société tunisienne.

(02-11-2013 - Avec les agences de presse)

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