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Tunisie : les pourparlers sur le Premier ministre suspendus sine die

mardi 5 novembre 2013, par La Rédaction

Les pourparlers entre les islamistes tunisiens au pouvoir et l’opposition pour nommer un nouveau Premier ministre et sortir le pays d’une profonde crise politique sont suspendus sine die faute d’accord, a indiqué le médiateur de la crise, le syndicat UGTT.
"Nous avons décidé de suspendre le dialogue national jusqu’à ce qu’il y ait un terrain favorable à sa réussite", a déclaré le secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, à l’issue d’une nouvelle journée de pourparlers lundi qui n’a pas abouti à un consensus.
Annoncées pour 09H00 (08H00 GMT), les négociations n’ont commencé finalement que vers 13H00 GMT et ont duré tout juste une heure avant d’être interrompues de nouveau. Elles avaient finalement repris vers 17H30 GMT.
Les deux camps se rejettent la responsabilité du blocage de ces pourparlers qui ne se sont pas achevés comme prévu à l’origine samedi, les islamistes d’Ennahda et leur allié laïc Ettakatol insistant sur Ahmed Mestiri, 88 ans, et l’essentiel de l’opposition sur Mohamed Ennaceur, 79 ans.
La coalition d’opposition "Front de salut national a proposé d’abandonner le candidat Mohamed Ennaceur et a proposé d’autres candidats en dehors de Mestiri mais Ennahda et Ettakatol ont refusé", a indiqué pour sa part l’opposant Mourad Amdouni.
Le Premier ministre indépendant qui est censé être désigné lors de ce "dialogue national" doit en théorie, selon le calendrier des négociations, former d’ici la mi-novembre un cabinet apolitique pour remplacer celui d’Ali Larayedh.
Ces pourparlers visent à sortir la Tunisie de la profonde impasse dans laquelle elle est plongée depuis l’assassinat le 25 juillet d’un député d’opposition attribué à la mouvance jihadiste.
Mais différents dossiers ont d’ores et déjà pris du retard : les membres de la future commission électorale n’ont pas été élus samedi comme prévu en raison d’un problème de procédure et le travail sur la législation régissant les élections, censée être adoptée le 9 novembre, n’a pas commencé.
Lundi après-midi, des élus d’opposition ont aussi accusé Ennahda de multiplier les amendements au règlement intérieur de l’Assemblée nationale constituante pour retirer aux opposants leurs armes parlementaires.
"Nous sommes face à un coup d’Etat parlementaire", a dénoncé le député Mongi Rahoui lors d’une conférence de presse.
Des journaux s’interrogeaient sur les chances de réussite des pourparlers qui interviennent dans un contexte de multiplication des violences jihadistes.
Le quotidien La Presse a ainsi fustigé "un dialogue de sourds dans lequel chacun tire la couverture à lui".
Après trois mois de disputes et moult reports, les pourparlers ont débuté le 25 octobre mais depuis aucune décision consensuelle concrète n’a été mise en oeuvre.
Sur le front sécuritaire, la présidence a annoncé dimanche le prolongement de huit mois, jusqu’à fin juin 2014, de l’état d’urgence en vigueur depuis la révolution ayant renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.
Une telle extension témoigne de la menace accrue, le chef de l’Etat Moncef Marzouki n’ayant prorogé l’état d’urgence depuis 18 mois que par tranches de un à trois mois.
Pour la première fois depuis la révolution, des attaques attribuées aux jihadistes ont ciblé la semaine dernière deux sites touristiques. L’un a été visé par un attentat suicide qui n’a pas fait de victime et l’autre par une tentative déjouée à temps.
Durant le seul mois d’octobre, neuf gendarmes et policiers ont été tués dans des affrontements.
Arrivés au pouvoir en octobre 2011, les islamistes ont été considérablement affaiblis par la multiplication des crises politiques, les assassinats de deux opposants, les heurts avec les jihadistes, les faiblesses de l’économie et les polémiques sur leurs tentatives supposées "d’islamiser" la société ou de juguler la liberté d’expression.

(05-11-2013 - Avec les agences de presse)

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