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La Tunisie s’enfonce dans la crise après l’échec des pourparlers

mardi 5 novembre 2013, par La Rédaction

La Tunisie s’enfonce mardi dans une inextricable crise déclenchée en juillet, opposition et islamistes au pouvoir se rejetant la responsabilité de l’échec des pourparlers pour désigner un nouveau Premier ministre, sur fond de violences jihadistes.
Les médiateurs ont annoncé la suspension sine die du "dialogue national" lundi après 10 jours de négociations qui n’ont pas abouti à un consensus sur le nom du prochain chef du gouvernement.
Le chef de Nidàa Tounes, Béji Caïd Essebsi, principal parti de l’opposition, a fait porter l’entière responsabilité de l’échec à la coalition au pouvoir dirigé par les islamistes du parti Ennahda.
"C’est la responsabilité de ceux (au pouvoir) qui ne veulent pas s’inscrire dans le consensus et sortir de la crise", a-t-il déclaré à l’AFP. "La suspension du dialogue ne peut que nous enfoncer dans la crise qui est déjà assez grave".
Pour Ennahda, à l’inverse, l’opposition a provoqué le naufrage du "dialogue national" en refusant le seul candidat valable à leurs yeux : Ahmed Mestiri, 88 ans, ministre puis opposant du père de l’indépendance Habib Bourguiba, mais que ses détracteurs jugent trop vieux et trop faible.
"Nous ne voyons aucun motif au refus de choix de M. Mestiri. C’est du devoir de la Troïka (coalition au pouvoir) de ne céder le pouvoir qu’à une personnalité connue pour son indépendance", a jugé le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, sur Mosaïque FM.
Il a néanmoins minimisé la gravité de l’échec des pourparlers, bien que la vie politique et institutionnelle du pays soit paralysée depuis plus de trois mois après l’assassinat le 25 juillet du député d’opposition, Mohamed Brahmi.
"Le dialogue national a été suspendu (...) Il va reprendre à un moment ou un autre car le pays en a besoin désespérément", a-t-il dit.
Pour la presse, les deux camps sont responsables de l’impasse.
"Les pourparlers ont révélé une crise qui s’ajoute aux autres crises politiques, économiques et sociales... C’est la crise de la domination de l’intérêt partisan au détriment de l’intérêt national", fustige le journal Assabah.
Les deux camps ont oublié que "l’objectif de ce dialogue était d’arriver à un consensus pour sortir de cette crise", écrit-il.
Le quotidien Le Temps conspue "les atermoiements et les calculs étroits" alors que les Tunisiens vont "au lit taraudés par les soucis et le spectre d’un avenir incertain".
"Le peuple peut patienter un peu face à l’immaturité et les désaccords des politiciens mais il ne permettra jamais de mettre en péril l’avenir du pays", met en garde Assabah.
La suspension du dialogue intervient alors que la Tunisie est confrontée à l’essor des violences jihadistes qui ont culminé en octobre avec la mort de neuf policiers et gendarmes et deux attentats ratés qui ont visé pour la première fois des sites touristiques.
La présidence a décidé dimanche le prolongement de huit mois, jusqu’à fin juin 2014, de l’état d’urgence en vigueur depuis la révolution ayant renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.
Et près de trois ans après cette révolution, le pays n’est toujours pas doté d’institutions stables faute de Constitution et de législation électorale. Le dialogue était aussi censé trouver des solutions à ces questions.
Ennahda et ses alliés, majoritaires à la Constituante, ont besoin du vote d’une partie de l’opposition pour permettre l’adoption de la loi fondamentale sans passer par un référendum.
Arrivés au pouvoir en octobre 2011, les islamistes ont été considérablement affaiblis par la multiplication des crises politiques, les assassinats de deux opposants, les heurts avec les jihadistes, les faiblesses de l’économie et les polémiques sur leurs tentatives supposées "d’islamiser" la société ou de juguler la liberté d’expression.

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"La Tunisie traversera cette mauvaise passe", selon Marzouki
Le président tunisien Moncef Marzouki a affirmé mardi, après l’échec des pourparlers dans son pays pour désigner un nouveau Premier ministre, que "la Tunisie traversera cette mauvaise passe" et pourra "installer un Etat démocratique transparent".
"Nous sommes décidés en Tunisie à promouvoir un processus démocratique, quelles que soient les difficultés de l’instant", a déclaré M. Marzouki à la presse au côté du président François Hollande qui l’a reçu à l’Elysée. "La Tunisie traversera cette mauvaise passe" et pourra "installer un Etat démocratique transparent, non corrompu".

(05-11-2013 - Avec les agences de presse)

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