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La Syrie attend un vote à l’Assemblée générale de l’ONU

vendredi 3 août 2012, par La Rédaction

Les forces du régime ont repris vendredi leurs bombardements des quartiers rebelles près de Damas et à Alep, théâtre d’une bataille cruciale dans la guerre en Syrie où l’échec de la diplomatie a poussé le médiateur international Kofi Annan à la démission. À New York, l’Assemblée générale de l’ONU doit voter sur une résolution présentée par des pays arabes pour dénoncer le pilonnage des villes par l’armée et réclamer une transition politique, une initiative essentiellement symbolique, mais qui pourrait contribuer à accroître la pression sur le régime. Malgré l’escalade des violences qui ont fait jeudi 179 morts, selon une ONG syrienne, des manifestations sont attendues dans le pays à l’appel de militants anti-régime avec comme slogan "Deir ez-Zor - la victoire vient de l’Est", une région visée par une offensive destructrice de l’armée.
Mettant à profit les divisions internationales, le régime reste déterminé à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, et qui s’est militarisée face à la répression sanglante. L’armée livrait ainsi bataille aux rebelles dans le quartier de Tadamoun à Damas, voisin du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk où 21 civils ont été tués la veille par des tirs d’obus, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des combats ont également éclaté aux abords de l’aéroport militaire à Marj el-Sultane dans la province de Damas, selon l’ONG. L’armée avait pris il y a une semaine le contrôle de la capitale après des combats violents et cherche à nettoyer les poches de résistance rebelle.
Dans la deuxième ville du pays, Alep, où se joue une bataille cruciale, le quartier de Salaheddine était de nouveau bombardé par les soldats qui encerclent ce principal bastion rebelle et plusieurs autres quartiers de la cité (355 kilomètres au nord de Damas), a ajouté l’ONG. Les insurgés affirment contrôler la moitié d’Alep. Selon une source de sécurité, l’armée "observe et teste le système de défense des terroristes, tente de découvrir leurs cachettes avant de les annihiler en menant une opération chirurgicale".
Il est très difficile d’avoir une idée claire de la situation militaire en raison de l’absence de sources indépendantes et des restrictions imposées aux médias.
En outre, des "dizaines" de civils et de rebelles ont été tués jeudi dans un quartier de Hama (centre) assiégé par les forces régulières, selon l’OSDH, les militants dénonçant un nouveau "massacre". Aucune confirmation indépendante n’a pu être obtenue dans l’immédiat.
Face à la spirale de violences et à l’échec des efforts en vue d’un règlement du conflit qui a fait plus de 20 000 morts en 16 mois selon l’OSDH, le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan a jeté l’éponge jeudi, en fustigeant le manque de soutien des grandes puissances à sa mission. "Je n’ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait. (...) Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs", a expliqué Kofi Annan, qui avait été nommé en février.
Kofi Annan faisait allusion à l’incapacité des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU à s’unir sur les moyens de régler la crise, Moscou et Pékin, des alliés du régime de Bachar el-Assad, mettant leur veto à trois projets de résolutions occidentaux contre le pouvoir syrien. Il avait proposé un plan de paix en six points prévoyant une cessation des combats et une transition politique, mais ce plan pourtant appuyé par le Conseil de sécurité, n’a jamais été appliqué. L’ONU doit mener des consultations avec la Ligue arabe pour nommer un successeur.
Le régime syrien a regretté cette démission, de même que ses alliés chinois et russe. Washington a accusé Moscou et Pékin d’en être responsables. Les divisions vont d’ailleurs ressurgir à l’Assemblée générale de l’ONU. Le projet de résolution, rédigé par l’Arabie saoudite avec d’autres pays arabes et appuyé par l’Occident, souligne notamment l’inquiétude suscitée par les armes chimiques syriennes et appelle à cesser le bombardement des villes.
Selon des diplomates, cette initiative reflète la frustration de nombreux pays devant le blocage au Conseil de sécurité. Moscou, qui accueille vendredi une importante délégation économique syrienne, a indiqué qu’il voterait contre. Le vote aura une portée essentiellement symbolique puisque l’Assemblée ne peut émettre que des recommandations. Mais il pourrait contribuer à accroître la pression sur Damas si les 193 pays membres votent massivement en faveur du texte, qui doit être adopté à la majorité sans possibilité de veto.

Démission de Kofi Annan : l’’Iran accuse l’Occident
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a accusé l’Occident, notamment les États-Unis, d’être à l’origine de l’échec de la mission du médiateur international Kofi Annan en Syrie, pays en proie à un conflit sanglant depuis plus de 16 mois. "L’Occident et certains pays de la région ne voulaient pas que Annan réussisse dans sa mission. À chaque fois qu’il cherchait à résoudre la crise, l’Occident créait des obstacles", a dit Ali Salehi, dont le pays est un allié du régime de Bachar el-Assad, cité par l’agence officielle Irna.
Selon lui, la démission de Kofi Annan de son poste d’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, annoncée jeudi, est due à l’intransigeance des États-Unis au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et non à celle de Moscou et de Pékin, également des alliés du régime syrien, comme Washington l’a affirmé. "L’absence d’unité au Conseil de sécurité évoquée par monsieur Annan ne concernait pas la Russie ou la Chine. Les Américains ont détourné (cette accusation) pour la mettre sur le dos (de Moscou et de Pékin) et cherchent à imposer leurs propres idées car ils ne veulent pas dire la vérité", a dit Ali Salehi.
Le plan de paix de l’ancien secrétaire général de l’ONU a été accepté par la Syrie et d’autres pays régionaux mais, selon le ministre iranien, les États soutenant les rebelles "n’ont pas permis à monsieur Annan de réussir dans la mise en application de son initiative". Il a émis l’espoir que le successeur de Kofi Annan travaillera de manière "indépendante", comme l’avait fait ce dernier, et a averti que tout médiateur qui s’alignerait sur les Occidentaux "échouerait, car l’autre partie ne voudra pas coopérer avec lui".
De son côté, l’ayatollah ultraconservateur Ahmad Jannati a déclaré lors de son prêche à Téhéran que les "États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar travaillent main dans la main pour renverser le régime". "Qui ne sait pas que vous intervenez directement en Syrie", a-t-il lancé. Plus tôt, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, cité par Irna, a affirmé que la démission de Kofi Annan était le résultat d’"ingérences" de certains États non identifiés, et a laissé entendre que l’Iran pourrait désormais jouer un plus grand rôle dans le règlement du conflit.
Il n’a pas nommé ces pays mais Téhéran accuse l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie d’armer les rebelles en Syrie, en collusion avec les États-Unis et Israël. Washington, pour sa part, accuse l’Iran de fournir armes et expertise aux forces du régime syrien.

Le HCR doit préparer des "plans d’urgence"
Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés doit mettre sur pied des "plans d’urgence" en vue d’une éventuelle intensification du conflit syrien, a déclaré vendredi le patron du HCR, Antonio Guterres. "Le travail que nous effectuons pour aider les réfugiés" dans les pays voisins "n’est pas directement lié avec ce qui se passe en Syrie", a affirmé Antonio Guterres, lors d’une conférence de presse. Mais, a-t-il souligné, le HCR vient aussi en aide à des réfugiés et déplacés en Syrie, en collaboration avec le Croissant-Rouge arabe syrien.
Interrogé sur la démission du médiateur international Kofi Annan, Antonio Guterres a dit : "Espérons qu’une solution (au conflit en général, NDLR) soit trouvée, mais, bien sûr, nous devons mettre sur pied des plans d’urgence au cas où la situation vienne à être plus dramatique." Ces propos interviennent alors que l’organisation s’est trouvée jeudi dans l’incapacité de faire entrer de l’aide humanitaire à Alep, toujours en proie à des violences meurtrières, en raison du bouclage de la ville par les militaires.
"Il était impossible hier d’envoyer des articles de secours additionnels, car la ville a été bouclée par les forces militaires", a déclaré une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d’un point de presse. "Notre équipe dans Alep a aussi fait état d’une absence complète de couverture pour les téléphones portables et pour Internet", a-t-elle par ailleurs indiqué. Elle a précisé ne pas savoir quelle était la situation sur le terrain vendredi. Les civils qui ne peuvent quitter Alep, deuxième ville de Syrie en proie à de violents combats, continuent de cherchent refuge dans les écoles, universités et mosquées de la capitale économique du pays. Selon le HCR, quelque 7 200 personnes ont trouvé refuge dans 45 écoles et 6 dortoirs.
Les forces du régime ont repris vendredi leurs bombardements des quartiers rebelles près de Damas et à Alep, théâtre d’une bataille cruciale dans la guerre en Syrie où l’échec de la diplomatie a poussé jeudi le médiateur international Kofi Annan à la démission. Pour Antonio Guterres, toute intensification du conflit risque de se traduire par "un plus grand nombre de flux de (réfugiés et déplacés) syriens" et de plus grandes difficultés à avoir accès aux civils. Le HCR est particulièrement préoccupé par la situation des réfugiés en Syrie.
En un seul jour, environ 700 d’entre eux sont ainsi venus voir le bureau de l’agence onusienne à Damas pour obtenir de l’aide et des conseils, a relevé Melissa Fleming. Par ailleurs, l’Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a confirmé que 20 personnes avaient été tuées et 10 autres blessées à Yarmouk, dans la région de Damas, selon le HCR. Toujours à Damas, des groupes armés ont tiré sur les jambes d’un réfugié soudanais, tandis qu’un jeune réfugié irakien a essuyé des tirs et est décédé à l’hôpital.
À l’extérieur de la Syrie, le HCR a comptabilisé 40 199 réfugiés en Jordanie, 35 364 au Liban, 12 409 en Irak et 44 038 en Turquie. En Turquie, entre 400 à 600 personnes arrivent chaque jour, la plupart venant d’Alep et des villages voisins. En Irak, le HCR finalise la mise sur pied d’un deuxième camp de réfugiés.

Des navires de guerre russes vont faire escale en Syrie
Des navires de guerre russe vont effectuer dans les prochains jours une brève escale dans le port syrien de Tartous, seule base russe en Méditerranée, a indiqué vendredi une source au sein de l’état-major des forces armées russes.
Ces bâtiments, qui font des manoeuvres en Méditerranée, vont faire escale à Tartous à la fin de la semaine ou en début de semaine prochaine pour se ravitailler en eau et en nourriture, précise cette source citée par les agences russes. "Nos navires vont entrer à Tartous pour se ravitailler. Ils vont y passer quelques jours avant de mettre le cap sur le nord-est de la Méditerranée" pour retourner en Russie, a ajouté cette source.
La Russie a nié que les manoeuvres de ces navires en Méditerranée étaient liées à la situation en Syrie - pays auquel Moscou livre des armes - et a démenti des informations selon lesquelles elle utilise ses navires pour transporter des armes destinées au régime du président Bachar el-Assad.
Selon des experts militaires russes, Moscou se préparerait à évacuer ses ressortissants de Syrie, où les forces du régime ont repris vendredi leurs bombardements des quartiers rebelles près de Damas et à Alep.

(03 août 2012 - Avec les agences de presse)

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