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Tunisie : Sidi Bouzid retrouve son calme après une nuit mouvementée

vendredi 10 août 2012, par La Rédaction

La ville tunisienne de Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011, était calme vendredi matin après une nuit mouvementée marquée par une manifestation contre le gouvernement et des affrontements avec la police, a constaté un correspondant de l’AFP.

Des syndicalistes se sont réunis au siège du bureau régional de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) à Sidi Bouzid (centre-ouest) pour discuter de la situation, selon la même source.

Quelque 800 personnes manifestant dans la nuit de jeudi à vendredi contre le gouvernement dominé par les islamistes d’Ennahda ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène.

Dans la matinée de jeudi, la police avait dispersé de la même manière une première manifestation d’opposition.

Ces informations ont été confirmées à l’AFP par le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarouch, qui n’a pas pu indiquer combien de personnes avaient été arrêtées ou blessées.

A l’issue de la manifestation dispersée jeudi matin, au moins cinq personnes ont été interpellées et cinq autres légèrement blessées.

Sidi Bouzid, ville très pauvre, est le berceau de la révolte qui a abouti le 14 janvier 2011 à la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali en Arabie saoudite après un soulèvement populaire sans précédent.

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Regain de tensions à Sidi Bouzid

La police tunisienne a procédé à des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes à Sidi Bouzid (centre-ouest), berceau de la révolution de 2011, pour disperser une manifestation d’opposants. Une personne blessée par une balle en caoutchouc et quatre autres qui se sont senties mal en raison du gaz ont été transférées à l’hôpital de Sidi Bouzid, a indiqué le surveillant général de cet établissement, Adel Dhaï, assurant que ces blessures n’étaient pas graves.

Les forces de l’ordre ont commencé à tirer en l’air lorsque des manifestants, qui réclamaient la démission du gouvernement dirigé par les islamistes du parti Ennahda, ont cherché à pénétrer par la force dans le siège du gouvernorat (préfecture) de Sidi Bouzid, selon la même source. Les protestataires ont brisé le portail d’entrée du gouvernorat. Après les tirs, un mouvement de panique a débuté et la foule de manifestants s’est dispersée pour échapper aux gaz lacrymogènes. Les manifestants avaient scandé auparavant des slogans hostiles au gouvernement tels que "le peuple veut la chute de régime", "le peuple veut la chute du gouvernement", "non à l’hypocrisie, le travail est un droit".

Plusieurs formations politiques d’opposition ont participé à cette manifestation comme le parti républicain, le parti des Travailleurs tunisiens, Al Watan (la nation) ainsi que des indépendants. "Les revendications du peuple relatives à l’amélioration de sa situation sociale deviennent de plus en plus insistantes mais malheureusement le gouvernement n’est pas au service de ce peuple", déplore Mohamed Ghadri, membre du parti républicain.

Fin juillet, la police avait dispersé de la même manière des dizaines de manifestants qui avaient attaqué le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, y jetant des pneus enflammés, pour protester contre des retards de versement de salaires. Sidi Bouzid est le berceau de la révolte en Tunisie, qui a abouti le 14 janvier 2011 à la chute de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de règne sans partage. Son point de départ avait été la mort le 17 décembre 2010 de Mohamed Bouazizi, 26 ans, un vendeur ambulant qui s’est immolé par le feu pour protester contre les multiples saisies musclées par la police des denrées qu’il vendait sans permis pour faire vivre les siens.

Les revendications sociales, notamment en raison du fort chômage des jeunes et de la pauvreté, étaient au coeur des causes de la révolution. Les lenteurs de l’amélioration des conditions économiques et sociales ont entraîné des nouvelles tensions dans le pays. Régulièrement des grèves et actions de protestation ont lieu et la police intervient pour les disperser.

(10 août 2012 - Avec les agences de presse)

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