Assawra

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Sciences > Paludisme - « Wake and kill » : un nouveau concept pour éliminer les (...)

Paludisme - « Wake and kill » : un nouveau concept pour éliminer les rechutes

lundi 17 février 2014, par La Rédaction

Une équipe de chercheurs coordonnée par le Pr Dominique Mazier (AP-HP, UPMC, Unité Inserm
U 1135, CNRS ERL 8255) et le Dr Georges Snounou, Directeur de recherche au CNRS (UPMC, Unité
Inserm U 1135, CNRS ERL 8255) ont réussi à cultiver la forme hépatique dormante du parasite du
paludisme, auparavant inaccessible aux chercheurs. Les premiers résultats issus de cette avancée
technique ont permis d’élaborer un nouveau concept pour éliminer les rechutes de paludisme dues
au réveil de ces formes dormantes. Il devrait permettre la mise en place d’une nouvelle stratégie de
prise en charge de cette pathologie, qui associerait une molécule capable de réveiller le parasite
dormant à un des nombreux médicaments efficaces sur le parasite.
Ces résultats viennent d’être publiés dans la revue Nature Medicine.

Après la piqûre d’un moustique infecté, le parasite responsable du paludisme gagne le foie où il se
multiplie. Ensuite, il se propage dans le sang où sa prolifération provoquera une maladie
potentiellement mortelle. Dans certains cas, dont celui du parasite Plasmodium vivax chez l’homme,
une fraction des parasites hépatiques peut rester « dormante » un an ou plus, d’où leur nom
d’hypnozoïte. Ensuite ceux-ci se « réveillent » au cours du temps et provoquent une infection
sanguine. Cette caractéristique est probablement à l’origine de la croyance que le paludisme persiste à
vie.
L’hypnozoïte représente, dans le cadre du contrôle/élimination du paludisme, une double difficulté :
un plus grand nombre de cas à traiter et une transmission accrue. Malheureusement la primaquine (et
son équivalent récemment développé, la tafénoquine), seuls médicaments capables de tuer les
hypnozoïtes, ont des effets indésirables parfois graves pour l’organisme. C’est pourquoi
l’identification de molécules sûres pour les remplacer constitue une urgence de santé publique.
Jusqu’à présent, la recherche de nouveaux médicaments anti-hypnozoïtes s’est appuyée sur des
observations faites chez chez l’homme infecté avec P. vivax, ou chez les singes infectés avec un parasite
proche de P. vivax, P. cynomolgi.

Grâce à cette méthodologie développée via une collaboration internationale et multi-instituts (Inserm,
CNRS, CIMI, CEA, UPMC, AP-HP, Institut Pasteur Paris), il est désormais possible de cribler in vitro
des médicaments pour leur effet anti-hypnozoïte, limitant ainsi le recours aux animaux. Le défi
consiste à adapter cette technique au criblage d’un grand nombre de composés. En outre, la possibilité
de cultiver des hypnozoïtes va enfin permettre aux scientifiques d’étudier cette forme parasitaire
énigmatique décrite 100 ans après la découverte de l’agent du paludisme par Laveran en 1880.

(Portail sciences, 12 février 2014)