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Les sentiers de la gloire

lundi 17 février 2014, par La Rédaction

Réalisé en 1957 par Stanley Kubrick
Arte, lundi 17 février à 20:50

En 1916, dans les tranchées. Conscient que seule une victoire spectaculaire pourra rehausser sa réputation peu brillante, le général Broulard incite le général Mireau, en mal d’avancement, à lancer une offensive suicidaire contre une position allemande imprenable, connue sous le nom de « Fourmilière ». La perspective de promotion rapide que lui a fait miroiter Broulard décide Mireau à engager ses troupes dans cette incroyable opération. C’est le colonel Dax qui doit conduire l’attaque, mais ses hommes sont épuisés. Dax, conscient des pertes humaines que va provoquer cette action, se résout toutefois à obéir.
Comme prévu, l’opération tourne au massacre. Niant l’absurdité de sa stratégie, le général Mireau accuse les soldats de lâcheté et réclame des exécutions pour l’exemple...

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La guerre : « le drame à l’état pur  », selon Kubrick, de là sa fascination. Guerre nucléaire (Docteur Folamour), de Sept Ans (Barry Lyndon), du Vietnam (Full Metal Jacket) et, ici, de 1914-1918, avec ses huit cents kilomètres de tranchées et ses centaines de milliers d’hommes décimés pour des centaines de mètres gagnés. Le ré­­quisitoire ne vise pas la boucherie mais l’am­bition aveugle d’officiers cyniques, avides de gloire, qui ordonnent à leurs soldats de tirer dans leur pro­pre camp et les font fusiller s’ils n’obéissent pas. Kubrick s’est appuyé sur plusieurs faits historiques véridiques, ce qui expliqua la gêne des autorités et l’interdiction du film en France durant dix-huit ans. Celui-ci n’est pourtant pas antimilitariste. Via le ferme et juste colonel Dax (Kirk Douglas), qui prend la défense des soldats courageux accusés, Kubrick montre au contraire la valeur né­cessaire à toute armée digne de ce nom.
Ce qu’il fustige, c’est le bellicisme délirant, l’instrumentalisation de la guerre, la parodie de procès. L’injustice est d’une absurdité criante, mais Kubrick la filme avec une fureur froide. Que ce soit dans l’enfer des tranchées ou au tribunal militaire, son regard est implacable. Soucieux aussi d’éviter tout patriotisme (« le dernier refuge du vaurien  », dixit Samuel Johnson). Pour preuve ce beau final, dans l’estaminet où les soldats français, au repos, libèrent leurs bas instincts avant de s’humaniser à l’écoute d’une douce mélodie, chantée — en allemand ! — par une jeune femme (la future épouse de Kubrick). (Par Jacques Morice)

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