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Syrie : des vidéos montrent des rebelles jetant des corps d’un toit

lundi 13 août 2012, par La Rédaction

Des vidéos particulièrement horribles montrant des rebelles syriens jetant des corps du toit d’un bâtiment ou égorgeant sauvagement un homme ont circulé lundi sur Internet et suscité l’indignation des ONG des droits de l’homme et de militants. Ces trois vidéos postées sur YouTube, qui n’ont pas pu être authentifiées ni datées et qui semblent avoir été tournées dans la région septentrionale d’Alep, montrent aussi un homme assassiné froidement.

Régime et rebelles, qui s’opposent depuis 17 mois en Syrie, sont accusés de violations des droits de l’homme et de meurtres. Le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane a indiqué que si ces vidéos étaient authentifiées, il condamnait fermement ces "atrocités". L’un des documents montre une foule hurlant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) en se rassemblant autour de plusieurs corps gisant sur la chaussée avant que trois autres victimes ne soient jetées du toit d’un bâtiment.

"Ce sont les héros d’al-Bab qui sont dans le bâtiment de la poste", assure le vidéaste, et lorsque le premier corps est jeté, la foule crie "c’est un chabbih" (un milicien progouvernemental). Les faits se déroulent dans la ville d’al-Bab, au nord d’Alep, près de la frontière avec la Turquie, mais il n’a pas été possible d’obtenir la date de cette scène atroce. Dans une autre vidéo amateur, un homme, les yeux bandés et les mains liées dans le dos, essaie de résister alors qu’un groupe le force à s’allonger sur la chaussée.

Les combattants lui crient "Assieds-toi !" et l’un d’eux crie : "Je préfère qu’on le tue par balle", mais un autre lui rétorque : "Non, tais-toi !" Alors que des gens crient aussi "Allah Akbar", un homme apparaît avec un petit couteau, l’égorge et son sang se répand sur la chaussée. "C’est le sort de tous les chabbihas et ceux qui soutiennent Bachar (al-Assad)", assure le cameraman. Ce dernier ajoute "Hamdoulillah" (louange à Dieu) et demande à l’égorgeur de s’arrêter, ce qu’il ne fait pas. "Bachar, c’est le sort de ton armée et de tes chabbihas", ajoute le caméraman.

Dans le troisième clip, tourné à Azaz dans la province d’Alep, un homme portant une barbe est sorti d’une voiture avec les mains attachées derrière le dos et jeté à terre. Un homme tire sur lui avec un pistolet et un autre l’achève avec un fusil mitrailleur. Ils tirent sur lui à plusieurs reprises et la victime meurt face au sol. "Si cette vidéo est authentifiée, ces atrocités portent atteinte à la révolution. Cela bénéficie au régime et aux ennemis de la révolution à l’intérieur et à l’extérieur" de la Syrie, a souligné Abdel Rahmane.

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Laurent Fabius entame une tournée dans la région

Le chef de la diplomatie française entame, mercredi, une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie, voisins de la Syrie, alors que les divisions de la communauté internationale entravent toutes les tentatives de trouver une issue au conflit qui déchire ce pays. Ce voyage de Laurent Fabius intervient au moment où François Hollande, confronté à l’un des dossiers diplomatiques les plus délicats des cent premiers jours de sa présidence, est sous le feu des critiques de l’ancienne équipe au pouvoir qui l’accuse de manquer d’initiative sur la Syrie.

Officiellement, la visite de trois jours de Laurent Fabius en Jordanie, au Liban et en Turquie, qui accueille de nombreux réfugiés syriens fuyant les violences, est d’abord humanitaire. Elle "sera l’occasion pour le ministre d’exprimer le soutien" de la France aux réfugiés, a expliqué le Quai d’Orsay. "Elle permettra aussi au ministre de s’entretenir avec les autorités de ces trois pays et de leur renouveler l’appui de la France dans leurs efforts pour accueillir les réfugiés", a-t-il ajouté.

La France a déployé ces derniers jours un hôpital de campagne dans le camp de Zaatari, en plein désert jordanien près de la frontière syrienne, qui a commencé à être opérationnel. Avec l’extension des combats à l’intérieur de la Syrie, notamment à Damas et à Alep, l’afflux de réfugiés dans les pays voisins ne cesse de croître, évalués par l’ONU à 140 000 tandis que plus d’un million de personnes sont déplacées à l’intérieur des frontières de leur pays.

La France, qui préside le Conseil de sécurité de l’ONU pendant le mois d’août, organisera une réunion ministérielle de cet organisme le 30 août "essentiellement consacrée à l’examen de la situation humanitaire en Syrie et dans les pays voisins", selon le Quai d’Orsay.

Au cours de sa tournée, Laurent Fabius aura aussi "des entretiens politiques de haut niveau dans le cadre des efforts de la France pour promouvoir une transition politique crédible et rapide en Syrie", a-t-on fait valoir de même source. François Hollande, répondant implicitement aux accusations d’attentisme portées contre lui par le camp de l’ancien président Nicolas Sarkozy, a assuré samedi que Paris recherchait de façon "obstinée" une solution politique en Syrie.

"La France est fortement mobilisée en appui du peuple syrien dans sa lutte pour décider librement de son avenir, face au régime de Bachar el-Assad qui accroît encore ses exactions", a déclaré lundi le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay Vincent Floréani, rappelant l’organisation, début juillet, à Paris de la conférence des amis du peuple syrien, qui a réuni 107 pays et organisations internationales.

Le ministre français entamera son voyage au lendemain d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) à La Mecque à l’initiative de l’Arabie saoudite avec comme priorité le dossier syrien.

Cette réunion des pays musulmans, en l’absence d’un représentant du gouvernement syrien, risque de buter sur les divergences entre l’Arabie saoudite, en première ligne avec le Qatar dans la bataille diplomatique contre le régime de Damas, et l’Iran, fidèle allié de Bachar el-Assad.

Téhéran a organisé jeudi sa propre conférence à laquelle ont notamment participé la Russie et la Chine, deux autres soutiens de Damas, et qui a appelé à un "dialogue national" entre opposition et gouvernement.

Le rôle de plus en plus actif de l’Iran dans le conflit inquiète la diplomatie occidentale. En visite samedi à Ankara, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a souligné que l’Iran, de même que le Hezbollah, mouvement chiite libanais lié à l’Iran, "prolongent la vie du régime" de Bachar el-Assad.

Concernant la Russie, l’ancien Premier ministre français François Fillon a pressé François Hollande de lancer une initiative en sa direction. "Si j’étais François Hollande, je prendrais l’avion maintenant pour Moscou, si possible avec Angela Merkel" pour convaincre Vladimir Poutine de faire plier Assad, écrit François Fillon dans une tribune au Figaro lundi.

(13 août 2012 - Avec les agences de presse)

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