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Algérie : des universitaires manifestent pour un changement de régime

jeudi 13 mars 2014, par La Rédaction

Une cinquantaine d’universitaires se sont rassemblés jeudi à l’université de Bouzaréah, sur les hauteurs d’Alger, pour réclamer un changement de système représenté par le président Abdlelatif Bouteflika, qui briguera le 17 avril un 4e mandat. "Le système est épuisé et a épuisé les institutions. Seul un changement peut aider le pays", a déclaré par téléphone Fatma Oussedik, une sociologue professeur à l’université d’Alger. "L’heure est grave, a-t-elle ajouté. C’est une manifestation voulue par le corps enseignant. Dans une phase aussi dangereuse pour le pays, il fallait témoigner."
L’enceinte de l’université avait été bouclée par les forces de l’ordre, mais les universitaires en sont sortis pour aller rencontrer la presse, le tout dans le calme, selon Fatma Oussedik et le site internet consacré à la présidentielle El-Watan2014.com. Des universitaires ont également lancé jeudi dans la presse un appel à leurs collègues à s’impliquer en faveur d’"un autre avenir pour l’Algérie". "Comment rester indifférent au spectacle d’une scène politique marquée par la corruption, la violation des libertés, le viol de la Constitution, la négation de la volonté populaire", dénonce cet appel.
"Pouvons-nous rester indifférents devant un système finissant qui a acheté, achète et achètera la paix sociale en dilapidant les profits de la rente pétrolière afin d’endormir et de contrôler les Algériens, d’asseoir sa mainmise sur les richesses du pays et de perpétuer un système vieillissant à l’image de son chef, que l’on veut nous imposer pour encore plusieurs années", affirme l’appel. "Pour la première fois, certains universitaires se sentent dans l’obligation de prendre leurs responsabilités vis-à-vis de leur société", a estimé Mohamed Hennad, un politologue présent à la manifestation de Bouzaréah. "C’est un appel au changement de la pratique du système qui a sévi depuis 1962", date de l’indépendance de l’Algérie, a-t-il ajouté.
Âgé de 77 ans et au pouvoir depuis quinze ans, Abdelaziz Bouteflika n’a prononcé qu’une phrase en public depuis deux ans - le 3 mars lors de son dépôt de candidature - et les images du président affaibli nourrissent les interrogations sur sa capacité à diriger le pays. Depuis l’annonce, fin février, de sa candidature, les manifestations, pourtant interdites, se sont multipliées en Algérie, mais les autorités semblent déterminées à étouffer toute contestation dans l’oeuf avant le scrutin du 17 avril.

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Présidentielle en Algérie : le Premier ministre nommé chef de campagne de Bouteflika
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a chargé jeudi l’actuel ministre de l’Énergie et des Mines Youcef Yousfi, 72 ans, d’assurer l’intérim du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, appelé à diriger sa campagne électorale pour le 17 avril, a rapporté l’agence APS. Dans un communiqué de la présidence, il est également indiqué que l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, 62 ans, a été nommé ministre d’État, directeur de cabinet de la présidence de la République, en remplacement à Mohamed Moulay Guendil, "appelé à d’autres fonctions", non précisées.
L’autre ancien Premier ministre et ex-secrétaire général contesté du Front de libération national (FLN, parti présidentiel) Abdelaziz Belkhadem a également été nommé ministre d’État, conseiller spécial du président de la République, selon le communiqué cité par l’APS. Ces noms circulaient depuis plusieurs jours dans les journaux, mais il fallait auparavant que le Conseil constitutionnel valide les candidatures recevables pour le scrutin présidentiel.
Or le président de cette instance, Mourad Medelci, a annoncé plus tôt jeudi la liste de six présidentiables sur 1douze dossiers déposés. Parmi les candidats retenus, outre Abdelaziz Bouteflika, figure l’ancien chef du gouvernement Ali Benflis, 69 ans, un homme du système et candidat malheureux en 2004, considéré comme son principal challenger. Les quatre autres prétendants sont la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT, 24 députés) Louisa Hanoune, régulièrement candidate à la présidentielle, et les chefs de trois petits partis représentés à l’Assemblée nationale, Abdelaziz Belaid, Moussa Touati et Rebaïne Ali Fewzi.
Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, quinze ans de pouvoir, brigue un 4e mandat. Victime en avril 2013 d’un AVC, il a passé 80 jours hospitalisé en France puis a repris tout doucement ses fonctions. Il s’est rendu le 3 mars au Conseil constitutionnel et, pour la première fois en deux ans, les Algériens l’ont alors entendu via la télévision publique annoncer d’une voix très faible qu’il se représentait.

(13-03-2014 - Avec les agences de presse)

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