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Explosion d’une bombe à Damas, trois blessés

mercredi 15 août 2012, par La Rédaction

Une bombe a explosé mercredi matin dans le centre de Damas, un attentat revendiqué par les rebelles de l’Armée syrienne libre qui visait selon eux une réunion d’officiers dans un bâtiment de l’état-major situé à proximité de l’hôtel logeant la délégation de l’ONU.

"Un engin explosif collé à une citerne de mazout a explosé près de l’hôtel Dama Rose", a indiqué la télévision d’Etat en précisant que l’explosion avait eu lieu près d’un bâtiment appartenant à l’état-major général, dans un quartier résidentiel en plein centre de la capitale. Selon un militaire sur place, l’attentat, survenu sur un parking de l’état-major, a fait cinq blessés.

Aucun membre de l’ONU n’a été touché, selon la chaîne.

"Nous remercions Dieu qu’aucun d’entre eux n’ait subi le moindre préjudice tout au long de leur présence en Syrie", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad en ajoutant devant la presse : "Nous réaffirmons que nous ferons tout notre possible pour assurer la protection de l’équipe et lui permettre d’accomplir au mieux sa mission".

Selon une journaliste de l’AFP qui s’est rendue place, la bombe était placée à l’arrière d’un camion citerne, dont la cuve est éventrée. Plusieurs véhicules militaires ont été calcinés ainsi que les murs de l’immeuble mitoyen du Syndicat des ouvriers. Plusieurs fenêtres ont également été brisées.

"Des recrues faisaient leurs exercices physiques et recevaient leurs instructions, comme chaque jour, lorsqu’à 08H00 (05H00 GMT) il y a eu une énorme explosion et une boule de feu", a raconté à l’AFP un officier.

"Des militaires ont été projetés au sol par le souffle. Deux ont été brûlés, un troisième a été touché par un éclat de fer de la citerne, et deux autres jeunes ont été légèrement atteints", a-t-il ajouté.

Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont revendiqué cette attaque, expliquant qu’elle visait une "réunion de militaires dans un bureau de l’état-major général où sont décidées les opérations du jour" dans la capitale.

Maher al-Nouaïmi, chef du bureau de coordination du commandement de l’ASL en Syrie, a affirmé à l’AFP que "150 personnes, dont 10 officiers qui sont en charge de réprimer les manifestations à Damas" participaient à cette réunion.

Selon lui, il y a sur place un dépôt de carburant, de munitions et d’armes qui approvisionnent les unités de la capitale.

"Cette opération vise à remonter le moral de l’ASL et à dire à Bachar al-Assad et à son commandement que nous pouvons mener des opérations bien étudiées car nous connaissons ce qui se passe dans leurs rangs", a-t-il ajouté.

Des ambulances se sont dirigées vers le lieu de l’explosion où un cordon de sécurité a été établi par les forces de l’ordre, a constaté une journaliste de l’AFP.

Ailleurs dans la capitale, les troupes gouvernementales ont lancé l’assaut sur plusieurs quartiers où subsistent des poches rebelles, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

A Alep, l’autre grand front syrien, dans le nord, l’armée, appuyée par des hélicoptères, bombardait plusieurs quartiers, notamment Salaheddine, un bastion rebelle dont l’armée a dit avoir repris le contrôle, selon l’OSDH.

De violents combats faisaient également rage entre soldats et rebelles dans la métropole, poumon économique du pays, et dans sa région, selon l’OSDH.

Le régime du président Bachar al-Assad est confronté depuis mars 2011 à une révolte qui s’est peu à peu militarisée face à la répression et qui a fait plus de 23.000 morts en 17 mois à travers le pays, dont 1.300 enfants, selon l’OSDH, une organisation basée en Grande-Bretagne et qui tire ses informations d’un réseau de militants et de témoins.

Suspension possible de la Syrie

A La Mecque, premier lieu saint de l’islam en Arabie saoudite, les dirigeants du monde musulman, réunis depuis mardi en sommet extraordinaire, doivent annoncer mercredi soir s’ils suspendent ou non la Syrie de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Une décision déjà prise par la Ligue arabe fin 2011.

Le projet de communiqué final, dont l’AFP a obtenu une copie, justifie cette suspension par l’échec du plan de paix de l’émissaire Kofi Annan, qui a démissionné début août, et par "l’obstination des autorités syriennes à suivre l’option militaire".

Damas dispose toutefois d’alliés de poids dans cette organisation, notamment l’Iran, porte-drapeau du chiisme - dont sont issus les alaouites auxquels appartient le président Assad - au sein de cette instance majoritairement sunnite, qui a déjà fait savoir qu’il s’opposait à une telle suspension.

Le secrétaire américain de la Défense Leon Panetta a par ailleurs accusé Téhéran de tenter de "former une milice pour le compte du régime".

Selon le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite de la République islamique, forment cette milice, composée de "Syriens généralement chiites, pour certains alaouites".

A Genève, Ahmad Fawzi, porte-parole de M. Annan, a indiqué que Damas avait approuvé la candidature de l’Algérien Lakhdar Brahimi à sa succession.

Ce diplomate de 78 ans, ancien envoyé de l’ONU en Afghanistan et en Irak, veut toutefois obtenir le soutien formel du Conseil de sécurité de l’ONU avant d’accepter la mission, selon des diplomates.

Alors que la communauté internationale est divisée sur un règlement du conflit syrien, Russes et Chinois s’opposant notamment à toute résolution de l’ONU condamnant leur allié syrien, le journal du Parti communiste chinois au pouvoir a accusé l’Occident d’être responsable de l’échec de la mission de M. Annan.

"Des pays occidentaux n’ont jamais renoncé à leur objectif de renverser le régime en Syrie et ont, de façon constante, renforcé leur soutien aux forces antigouvernementales", écrivait mercredi le Quotidien du Peuple, alors qu’une émissaire du président Assad, Bouthaina Chaabane, est attendue dans ce pays.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius entame mercredi une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie, trois pays qui accueillent plus de 250.000 réfugiés syriens ayant fui les violences.

Dans le même temps, le rapport de la commission d’enquête indépendante sur les droits de l’Homme en Syrie doit être rendu public à Genève au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

(15 août 2012 - Avec les agences de presse)

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