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Gabriel García Márquez est mort

vendredi 18 avril 2014, par La Rédaction

Le Prix Nobel colombien de littérature Gabriel García Márquez, considéré comme l’un des plus grands écrivains de langue espagnole, est mort jeudi à son domicile de Mexico des suites d’une pneumonie, a annoncé le président colombien Juan Manuel Santos. "Cent ans de solitude et de tristesse pour la mort du plus grand Colombien de tous les temps", a indiqué Juan Manuel Santos sur son compte Twitter. "Les géants ne meurent jamais", a-t-il ajouté.

Quelques minutes plus tôt, le journaliste de la chaîne mexicaine Televisa Joaquin López-Dóriga avait annoncé - également sur Twitter - que l’écrivain âgé de 87 ans était "décédé à son domicile de Mexico" aux côtés de son épouse et de ses deux fils. Ces derniers jours, il se trouvait, selon sa famille, dans un état de santé "très fragile". Le 8 avril, il avait quitté un hôpital de Mexico après y avoir subi huit jours de traitement pour une pneumonie.

Le plus Colombien des auteurs latino-américains se sera finalement éteint à Mexico, à 87 ans. Pas aussi vieux que ses personnages parfois multiséculaires, pas aussi seul non plus. Au fond, qu’importe où il est mort, El Gabo appartenait à toute l’Amérique latine, dont il a définitivement bouleversé la création littéraire dans les années 1960.

Rien, pourtant, ne semblait destiner le petit Gabriel, né à Aracataca, en Colombie, d’un père télégraphiste puis pharmacien, à une carrière de romancier. Rien, sauf des éléments biographiques que l’on retrouvera dans toute son oeuvre. Ainsi grandit-il avec sa grand-mère, Doña Tranquilina Iguarán Cotes de Márquez, femme de caractère trouvant normal l’anormal, côtoyant fantômes et prémonitions, que l’on reconnaîtra sous les traits d’Ursula Buendía dans Cent Ans de solitude. Son père, Gabriel Eligio, et sa mère, Luisa Santiaga Márquez, amoureux fous, ont dû vaincre la résistance des parents de Luisa pour se marier, thématique principale de L’Amour aux temps du choléra. Son grand-père, "Papa Lelo", lui raconta mille fois l’histoire du "massacre de la bananeraie", lorsque l’armée colombienne tira sur des grévistes de l’United Fruit Company, scène irréelle contée dans Cent Ans de solitude. Ce fut aussi lui qui lui fit découvrir l’existence de la glace, moment qui occupe les premières pages du roman...

Il commence comme journaliste

Après une enfance dans cet univers familial fantasque, García Márquez suit des études de droit à Bogotá, ville froide et andine à laquelle il se sent étranger, à mille lieues de sa Caraïbe natale. Il commence à s’adonner à la littérature en écrivant une nouvelle, La Troisième Résignation, publiée dans le quotidien El Espectador. À Cartagena, où il est allé poursuivre ses études, il n’obtiendra pas son diplôme, mais se découvre une nouvelle passion : le journalisme. Il chronique dans le journal El Universal, qui vient d’être fondé, et pour El Heraldo. C’est aussi à Cartagena qu’il rencontre les écrivains du groupe de Barranquilla et engloutit les oeuvres de Virginia Woolf, James Joyce et William Faulkner, dont il s’inspirera pour écrire. En 1955 est publié son premier roman, Des Feuilles dans la bourrasque, qui fait apparaître le fictif Macondo pour la première fois, archétype du village latino-américain. Lui est envoyé comme correspondant en Europe. Il a en effet publié un article remettant en cause la version officielle du naufrage d’un navire de guerre colombien, le Caldas, ce qui lui a valu des menaces. De son expérience de journaliste, El Gabo tire une précision de reporter qui donnera toujours un relief particulier à ses romans.

À l’issue de sa période européenne, il retrouve son Amérique latine bien aimée, qu’il perçoit désormais comme bien plus dynamique que le Vieux Continent. À Caracas, il travaille pour le journal Momento, lorsque le président Marcos Pérez Jiménez prend la fuite pour Saint-Domingue. Événement qui lui inspirera, bien plus tard, L’Automne du patriarche, qui renouvelle le genre latino-américain du "roman de dictateur". Surtout, en 1959, il se rend à Cuba et sympathise avec la cause révolutionnaire, fondant même Prensa Latina, agence de presse cubaine pour laquelle il travaillera à New York, jusqu’en 1961. Il n’a, depuis lors, cessé de soutenir le mouvement castriste et a toujours revendiqué son amitié avec Fidel Castro. De même s’est-il penché, perplexe, sur le cas de Hugo Chávez, qu’il a rencontré en 1999 et auquel il a consacré un article clairvoyant, "L’Énigme des deux Chávez", dans Cambio, demandant s’il serait un énième dictateur latino-américain ou un homme qui pourrait réellement transformer son pays.

De juillet 1965 à août 1966, il rédige Cent Ans de solitude

C’est au Mexique, peu après, qu’il connaît enfin la reconnaissance littéraire : le prix de l’Académie colombienne des lettres pour La Mala Hora en 1962. Surtout, entre juillet 1965 et août 1966, il rédige son grand oeuvre, Cent Ans de solitude, publié le 30 mai 1967 en Argentine. Mario Vargas Llosa, l’écrivain péruvien qu’il vient de rencontrer et avec lequel il est encore ami, célèbre le roman. Il l’analysera dans ce qui restera comme l’une des meilleures études qui lui aient été consacrées, Historia de un deicidio, en 1971. Les deux hommes ne tardent cependant pas à se brouiller, en venant aux mains, pour des raisons qu’aucun n’a voulu éclaircir mais qui tiennent probablement à la femme du Péruvien.

Entre-temps, l’écrivain colombien est devenu le porte-drapeau d’un nouveau courant littéraire, le "boom latino-américain". Cent Ans de solitude signe la naissance du "réalisme magique", mêlant morceaux de l’histoire du continent et superstitions et légendes, présentées comme parfaitement réelles, dans un style foisonnant et puissamment évocateur, souvent très sensuel. Le roman conte la saga de la famille Buendía dans le village de Macondo, suivant une structure du temps circulaire, où les histoires d’inceste, de mort et de guerre reviennent jusqu’à la malédiction finale. C’est un immense succès, qui en annonce d’autres : L’Automne du patriarche, sorte de long poème en prose, Chronique d’une mort annoncée, présenté sous la forme d’un reportage. C’est donc presque naturellement que García Márquez reçoit, en 1982, le prix Nobel de littérature, pour "ses romans et ses nouvelles, dans lesquels le fantastique et le réalisme se combinent dans un univers à l’imagination très riche, reflétant la vie d’un continent et ses conflits".

Son dernier livre : Mémoires de mes putains tristes

Suivent L’Amour aux temps du choléra, histoire universelle d’amours contrariées qui trouvera un large public, puis Le Général dans son labyrinthe, sur la fin de la vie de Simón Bolívar. Mais en 1992, on lui trouve une tumeur au poumon gauche et il est opéré en Colombie. Sa productivité n’en est pas affectée, avec d’une part De l’amour et autres démons, salué par la critique et qui reprend tous ses thèmes favoris, puis le Journal d’un enlèvement, roman documentaire sur six otages des narcotrafiquants du cartel de Medellín de Pablo Escobar, en 1996. Il rachète également le journal Cambio.

Alors qu’on le pensait définitivement guéri, un cancer lymphatique lui est diagnostiqué en 1999, raison pour laquelle il décide de publier une autobiographie, Vivre pour la raconter. Sa dernière oeuvre, Mémoires de mes putains tristes, a été publiée en 2004. Mais sa postérité n’est pas près de s’éteindre. Gabriel García Márquez a ancré la littérature latino-américaine dans son histoire contemporaine, n’hésitant pas à aborder la violence qui la secouait, tout en y intégrant le folklore du continent et en enrichissant la forme par la variété des points de vue et l’humour. De quoi susciter chez les auteurs latino-américains qui ont suivi une admiration sans bornes, puis la lassitude et le désir de s’émanciper de l’influence du géant littéraire. Aujourd’hui, il laisse tout un continent orphelin.

(18-04-2014 - Par Claire Meynial)

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وداعاً « غابو »

إذا كان من أديب عالمي يمكن اعتباره « عربيّاً » بامتياز، فإن هذا الأديب هو غابرييل غارسيا ماركيز. اليوم يبكيه القرّاء العرب قبل سواهم، هو المنتشر عالميّاً على نطاق واسع تجاوز الاسبانيّة لغته الأم، وأميركا اللاتينيّة مسرح شخصياته واحداثه. الكاتب الكولومبي الذي قُرئت أعماله مغرباً ومشرقاً، انطفأ بهدوء ليلة أمس عن ٨٧ عاماً. رحل « غابو »، كما يُكنّى تودداً في دياره، بعد قصّة غريبة مع السرطان الذي تغلّب عليه أكثر من مرّة، وبعد شائعات كثيرة عن موته كان يكذّبها ساخراً. هذه المرّة استسلم صاحب نوبل (١٩٨٢) للملاك الأسود الخارج من « حب في زمن الكوليرا »، هو الذي بدأ صحافيّاً استقصائيّاً، ليصبح « بطريرك » الأدب الأميركي اللاتيني، وأحد روّاد « الواقعيّة السحريّة ». تأثّر بقصص جدّته المليئة بالخرافات والجنيّات، وبالسرديّات الواقعيّة لجدّه الكولونيل الليبرالي الذي طبع مزاجه السياسي، فوقف إلى جانب الثورات وحركات التحرر، وتميّز بعدائه للاستعمار الأميركي، وربطته صداقة متينة بفيديل كاسترو.

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