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Tunisie : les travaux d’Hercule de M. Jomaâ

lundi 5 mai 2014, par La Rédaction

La Tunisie est au milieu du gué et son économie avec. Il faut dire que, selon les observateurs, la Troïka n’a pas vraiment réussi dans sa gestion. "Elle a non seulement entraîné la faillite économique de la Tunisie mais créé une situation d’insécurité à laquelle le pays fait face depuis la chute de l’ancien régime", expliquent-ils. Cela donne une idée de l’immensité de la tâche à laquelle le gouvernement de Mehdi Jomaâ doit faire face. Ainsi, il doit actuellement se charger à la fois d’organiser des élections générales, législatives et présidentielle, et de régler cette crise économique et sécuritaire difficile qui inquiète les Tunisiens.
D’ailleurs, le Premier ministre, Mehdi Jomâa n’a pas manqué de tirer sur la sonnette d’alarme avertissant les Tunisiens sur cette situation qu’il a qualifiée de "catastrophique", une situation marquée par l’absence de production économique et la multiplication des grèves et autres sit-in organisés régulièrement par les travailleurs pour réclamer des avantages difficiles voire impossibles à satisfaire. Face à l’absence de solutions internes, il a fallu se tourner vers les pays "frères et amis" du Golfe et de l’Occident pour sauver la situation et relancer l’économie du pays.
Mais, les relations entre la Tunisie et ces pays "frères et amis", n’ont pas été au beau fixe avec le régime du Troïka. Celui-ci a eu des rapports difficiles avec des pays comme l’Algérie, la France, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Egypte et la Syrie... Explication : le mouvement "Ennahdha", principale composante de la Troïka, a privilégié les rapports basés sur l’idéologie pour soutenir la confrérie des Frères musulmans. Cela n’a pas manqué de rendre difficiles les relations de la Tunisie avec l’Algérie, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. C’est dans ce cadre qu’il faut d’ailleurs situer les déclarations du premier responsable d’Ennahdha. En déccembre 2012, Rachid Ghannouchi a n’a pas hésité à affirmer que le "Printemps arabe" devait aussi envahir les pays comme l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Le genre de propos que Riyad et ses voisins n’ont pas apprécié.
Et leur réaction ne s’est pas fait attendre avec le gel de tous les projets qu’ils finançaient au bénéfice de la Tunisie. Conscient de la situation diplomatique compliquée ainsi créée par la Troïka, le Premier ministre tunisien s’est rendu dans plusieurs pays arabes dont l’Algérie, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, pour rétablir les relations diplomatiques avec ces pays et corriger les erreurs diplomatiques de la Troïka. Avant d’entamer son périple dans les pays Golfe, Mehdi Jomâa soulignait, le 15 mars dernier, que sa visite visait d’abord au dégel des relations avec les pays frères de cette région du monde.
Finalement, l’aide des pays du Golfe, est-elle si vitale que ça ?
C’est pourquoi, soulignent les observateurs, le chef du gouvernement tunisien ne s’attendait pas à des résultats immédiats sur le plan économique de cette tournée pour lui permettre de faire face à la crise économique dont la première urgence est le déficit budgétaire de l’année 2014, estimé à 10 milliards de dinars tunisiens. Le manque de réaction de la part des pays du Golfe a obligé le gouvernement tunisien à faire appel à des prêts intérieurs et extérieurs pour faire face au déficit. D’ailleurs, les observateurs notent que l’intervention des pays du Golfe n’est pas aussi vitale pour l’économie de la Tunisie où ils préfèrent investir dans la construction des hôtels ou le rachat des sociétés en difficultés mais presque jamais investir dans des projets et structures industriels et agricoles plus vitaux pour la vie économique du pays. L’expérience a aussi prouvé que les prêts accordés par les pays du Golfe sont assortis d’intérêts élevés comparés à ceux des partenaires traditionnels de la Tunisie qui investissent particulièrement dans l’industrie, d’où la visite de Jomâa aux Etats-Unis et en France, conscient qu’il est de l’importance du soutien des partenaires traditionnels occidentaux. Pourtant, la majorité des partis politiques tunisiens estime que la solution à la crise ne viendra pas de l’extérieur dont l’aide ne fera qu’aggraver la dépendance du pays à l’étranger. En effet, pour ces partis, l’aide extérieure met le pays sous la coupole des pays comme les Etats-Unis et la France auxquels "la Tunisie est entrain de tendre la main comme un mendiant", selon leurs propres termes.
"Les prêts accordés par ces pays sont assortis de signatures d’accords de partenariat avec leurs sociétés, écartant à la Tunisie toute liberté de choisir librement ces partenaires", estiment les observateurs dont les critiques avaient d’ailleurs fait réagir le Premier ministre Mehdi Jomaâ qui, le 30 avril dernier, déclarait qu’il "ne tolérerait pas qu’on qualifié ses visites à l’extérieur de démarche visant à quémander de l’aide", ajoutant avoir dit aux Français qu’il "était venu chercher un partenariat et non de l’aide". Bref, pour Mehdi Jomaâ, les grands travaux ne font que commencer.

(05-05-2014 - Avec les agences de presse)

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