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Liban : heurts meurtriers à Beyrouth, craintes d’un débordement de la crise syrienne

lundi 21 mai 2012, par La Rédaction

Des affrontements ont fait deux morts lundi à Beyrouth au lendemain du meurtre d’un dignitaire sunnite hostile au régime syrien, suscitant la préoccupation de l’ONU et des Etats-Unis et les craintes d’un débordement de la crise syrienne au Liban voisin.

Les heurts ont eu lieu avant l’aube dans le quartier de Tarik el-Jdideh entre le mouvement du Futur, à majorité sunnite, mené par Saad Hariri, chef de l’opposition libanaise hostile au régime de Bachar al-Assad, et une petite formation également sunnite, le Parti du courant arabe, pro-Assad.

Ils ont éclaté après la mort dimanche du cheikh sunnite libanais, Ahmad Abdel Wahed, un critique du régime syrien, et d’un autre cheikh l’accompagnant par des tirs de l’armée dans le nord du Liban, une région déjà fragilisée par des heurts confessionnels ayant fait 10 morts ces derniers jours.

Deux membres du Parti du courant arabe ont été tués et 18 personnes ont été blessées, selon des sources de sécurité. Le chef de ce parti, Chaker el-Berjaoui, a accusé le groupe rival d’avoir déclenché les heurts armés.

"Je prie pour qu’on ne revive pas une guerre civile. Malheureusement je ne vois pas comment nous pourrions éviter l’explosion", dit Abed Ali, dont la maison a brûlé lors des heurts dans le quartier à majorité sunnite dans l’ouest de Beyrouth.

"J’en ai marre, j’ai vécu plusieurs années de guerre, je ne peux plus rester une minute au Liban", s’exclame Amal Khattab, institutrice, en référence à la guerre civile (1975-1990) et les crises à répétition des dernières années.

La révolte populaire en Syrie qui s’est militarisée au fil des mois face à la répression brutale menée par le régime, exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d’hégémonie syrienne et reste divisé entre des camps hostiles et partisans du régime Assad.

Le gouvernement libanais est dominé par le puissant mouvement chiite armé du Hezbollah, un proche du pouvoir syrien, et ses alliés.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit "inquiet de la flambée de violence au Liban" après avoir averti que la recherche d’une solution pacifique à la crise en Syrie était à un "moment critique" et réitéré sa crainte d’une guerre civile généralisée dans ce dernier pays.

La France a appelé "toutes les parties (libanaises) à rejeter les provocations" et les Etats-Unis ont fait part de leur "préoccupation" en "appelant toutes les parties à la retenue et à respecter la sécurité et la stabilité au Liban".

"Le Liban entraîné de force dans la tourmente syrienne", titrait le quotidien francophone l’Orient Le Jour.

Lors des funérailles organisées à al-Biré (nord) pour les deux cheikhs tués, des membres de l’opposition libanaise s’en sont violemment pris au régime syrien ainsi qu’au Hezbollah.

"Le régime syrien ourdit un complot pour semer le chaos au Liban", a dénoncé Khaled el-Daher, un député sunnite. "Le régime syrien veut envoyer un message pour dire qu’il est capable de semer le chaos, et le gouvernement lui sert de paravent (...)", a renchéri son collègue Ammar Houry.

Un responsable du Hezbollah, Nabil Qaouk, a en revanche accusé l’opposition d’avoir "impliqué le Liban exprès dans la crise syrienne, en le transformant en passage et base pour les (rebelles) armés syriens".

Une enquête militaire est en cours pour déterminer les circonstances du meurtre des deux cheikhs. Selon les services de sécurité, l’armée a ouvert le feu lorsque son convoi ne s’est pas arrêté à un barrage, une version contestée par des témoins.

Vingt-et-un militaires, dont trois officiers sont détenus pour interrogatoire, selon une source judiciaire.

Dans ce contexte de violences, les Emirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et el Koweït ont appelé leurs citoyens à éviter le Liban. L’ambassade des Etats-Unis a mis en garde ses ressortissants contre la possibilité de violences.

(21 mai 2012 - Avec les agences de presse)

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