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Yasser Arafat : ouverture d’une instruction pour assassinat en France

mardi 28 août 2012, par La Rédaction

Une information judiciaire pour assassinat concernant le décès de Yasser Arafat en 2004 a été ouverte mardi par le parquet de Nanterre, a-t-on appris de sources proches du dossier. L’ouverture de cette instruction fait suite au dépôt d’une plainte contre X pour assassinat avec constitution de partie civile le 31 juillet par Souha Arafat, la veuve du chef de l’Autorité palestinienne, mort le 11 novembre 2004 à l’hôpital militaire français de Percy (Hauts-de-Seine).

Ce dépôt de plainte était consécutif à la découverte de polonium, une substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels de l’ex-dirigeant palestinien, qui a relancé la thèse d’un empoisonnement. Un ou plusieurs juges d’instruction vont être nommés très prochainement pour conduire l’instruction ouverte à Nanterre. Les dirigeants palestiniens et les proches de Yasser Arafat sont persuadés qu’il est mort empoisonné.

L’institut de radiophysique de Lausanne avait annoncé vendredi qu’il comptait examiner la dépouille de Yasser Arafat après le feu vert de sa veuve, afin de rechercher d’éventuelles traces de polonium. Les avocats de madame Arafat et de sa fille Zahwa avaient alors estimé que cet acte d’enquête devait être "diligenté en collaboration avec la juridiction d’instruction française, régulièrement saisie, qui doit désigner un magistrat instructeur pour procéder aux investigations qui s’imposent". Le polonium a servi notamment à l’empoisonnement, en 2006 à Londres, d’Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au président Vladimir Poutine.

Lundi, le site Slate révélait le compte rendu d’hospitalisation de Yasser Arafat à l’hôpital militaire Percy de Clamart. Verdict : son dossier médical est compatible avec un empoisonnement par des toxines issues de champignons vénéneux.

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Mort de Yasser Arafat : Un nouveau document écarte la piste du polonium

Alors que la dépouille de Yasser Arafat attend toujours d’être exhumée dans le but de subir des analyses avec l’accord de sa veuve en raison de soupçons sur les causes de son décès, le site Slate.fr publie ce mardi le compte rendu d’hospitalisation de l’ancien leader palestinien, mort en novembre 2004 après avoir été hospitalisé à Ramallah puis à l’hôpital militaire Percy de Clamart, en France.

Dans son article, le journaliste-médecin de Slate retranscrit la lente détérioration de l’état du patient Arafat, passé pendant les dernières semaines de sa vie par de graves troubles intestinaux, une raréfaction pathologique du nombre de ses plaquettes sanguines et, au fil des jours puis des semaines, un grave affaiblissement et une altération de son état général. Apparus le 12 octobre 2004, ses symptômes s’aggraveront jusqu’à sa plongée dans le coma le 3 novembre et son décès huit jours après.

Le document médical montre aussi que les médecins français ne sont pas parvenus à établir un diagnostic précis, malgré leur effort en ce sens : de très nombreux examens ont été réalisés lors de l’hospitalisation en France de Yasser Arafat, « du moins dans les limites de ce qu’autorise l’état de santé de leur malade », précise Slate.fr. Il est d’autant plus étonnant qu’aucune autopsie n’ait été ordonnée après la mort du dirigeant palestinien – une décision prise sans justification.

La découverte, par un laboratoire suisse en juillet dernier, d’un « niveau significatif » de polonium sur les effets personnels du dirigeant palestinien rend d’autant plus regrettable l’absence d’autopsie. Mais le compte rendu d’hospitalisation indique qu’un empoisonnement de Yasser Arafat à l’aide de cette substance radioactive est improbable : plusieurs types de rayonnements radioactifs avaient été recherchés dans les urines du patient, mais aucun n’avait été décelé. Or, explique Slate, si des traces de polonium ont pu être retrouvées sur les effets personnels de Yasser Arafat huit ans après sa mort, la présence du poison radioactif aurait forcément été décelée lors de ces analyses, pratiquées quelques jours avant la mort du leader palestinien –même si l’auteur de l’article admet que, l’interaction de l’organisme humain avec le polonium ayant rarement été observée, on ne peut exclure cette théorie à 100%.

Une autre théorie est mentionnée par Slate, qui serait compatible avec les symptômes du patient Arafat : un empoisonnement à l’aide d’une autre substance, en l’occurrence les toxines de champignons vénéneux (amanite phalloïde ou cortinaire des montagnes). Maintenant que la veuve de Yasser Arafat et que l’Autorité palestinienne ont donné leur accord à un examen de la dépouille de l’ancien dirigeant, il existe désormais un espoir bien tangible de découvrir, huit plus tard, la véritable raison de la mort de Yasser Arafat.

(28 août 2012 - Avec les agences de presse)

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