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"Ionisation" (Edgard Varese)

lundi 16 juin 2014, par La Rédaction

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Coup de cœur d’Assawra - « Mettez fort le son »

Edgar Varèse ou Edgard Varese (les deux orthographes ont été utilisées par le compositeur lui-même à différentes époques de sa vie) est un compositeur français naturalisé américain né à Paris le 22 décembre 1883 et mort à New York le 6 novembre 1965.
Formé, dans un premier temps, à la Schola Cantorum et au Conservatoire, Varèse trouva auprès d’artistes plus indépendants, comme Debussy et Busoni, les encouragements nécessaires pour son expression personnelle.
En effet, bien avant 1914, Varèse envisageait l’abandon des méthodes de composition classiques, le système tempéré et les instruments de musique traditionnels pour employer « la matière sonore elle-même ». Cet idéal le conduisit à détruire ses premières partitions jusqu’à Amériques, où il employait déjà les sons modulés en intensité d’une sirène, et à encourager les recherches dans le domaine acoustique, du dynamophone aux réalisations de Léon Theremin et de Maurice Martenot.
Varèse abandonna l’orchestre à partir d’Arcana, pour des ensembles instrumentaux plus réduits et individualisés. Cependant, l’absence de moyens techniques, de studio d’enregistrement ou de laboratoire le réduisit au silence pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’au milieu des années 1950, lorsque se développèrent les techniques d’enregistrement du studio d’essais de Pierre Schaeffer et Pierre Henry.
Varèse put alors réaliser une œuvre comme le Poème électronique, pour l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958.
Entretenant des relations étroites avec d’importants représentants de la communauté scientifique de son temps, l’intérêt de Varèse pour les sciences se traduit dans les titres qu’il donne à ses œuvres, évoquant les mathématiques (Intégrales), la métallurgie (Densité 21,5), la cristallographie (Hyperprism), la botanique (Octandre), la chimie (Ionisation) et même l’alchimie (Arcana). L’œuvre de Varèse a d’abord paru très abstraite. Pour autant, sa musique a une grande puissance d’incantation, dès qu’intervient la voix humaine (Offrandes, Ecuatorial, Nocturnal).
Le scandale de la création de Déserts, le 2 décembre 1954 à Paris, le révéla pour une nouvelle génération de compositeurs classiques (dont Iannis Xenakis et Bruno Maderna) et populaires (comme Frank Zappa) qui reconnurent en lui, bien plus qu’un « précurseur », un modèle à suivre et l’un des grands innovateurs du XXe siècle avec Stravinsky, Henry Cowell, Bela Bartok et Anton Webern.
Les idées de Varèse sur les rapports entre musique et cinéma, très en avance sur les goûts et les habitudes de son temps, sont aujourd’hui appliquées jusque dans le domaine des séries télévisées.