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L’armée irakienne brise le siège d’Amerli, rare succès face aux jihadistes

dimanche 31 août 2014, par La Rédaction

L’armée irakienne, appuyée par des milliers de miliciens, a brisé dimanche le siège de la ville turcomane chiite d’Amerli dont les habitants manquaient d’eau et de nourriture, enregistrant une rare victoire dans son combat contre les jihadistes de l’Etat islamique (EI).

Bénéficiant d’un soutien aérien irakien mais aussi américain, les soldats, appuyés également dans leur assaut lancé samedi par des des combattants kurdes, sont parvenus à entrer dans la ville située à 160 km au nord de Bagdad.

Ils ont réussi à chasser les jihadistes des villages que ces derniers contrôlaient autour d’Amerli depuis le 18 juin. "Nos forces sont entrées dans Amerli et ont brisé le siège", a déclaré à l’AFP le général Qassem Atta, porte-parole des services de sécurité.

Nihad al-Bayati, qui a pris les armes à Amerli contre les jihadistes, a confirmé l’entrée des troupes irakiennes.

Les habitants de cette ville de quelque 20.000 âmes, appartenant en grande partie à la minorité turcomane turcophone, ont pris les armes et résisté durant plus de deux mois face à l’un des sièges les plus longs depuis le début de l’offensive jihadiste en Irak le 9 juin.

Ils manquaient d’eau, de nourriture et de médicaments. Samedi, les Etats-Unis, l’Australie, la France et la Grande-Bretagne ont largué environ 40.000 litres d’eau potable et 7.000 repas, selon le Pentagone. "En soutien à l’opération humanitaire", les Etats-Unis ont procédé à "des frappes à proximité contre des terroristes de l’EI".

L’ONU avait dit craindre un "massacre" en cas de prise de la ville par les jihadistes sunnites ultra-radicaux.

L’entrée des forces irakiennes dans la ville est l’un des rares succès enregistrés face aux jihadistes qui se sont emparés de larges pans de territoire à l’ouest, au nord et à l’est de Bagdad.

Commencé le 8 août, le soutien aérien américain, le premier engagement militaire des Etats-Unis en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, a joué un rôle crucial dans la prise à l’EI le 17 août du barrage de Mossoul (nord), le plus important du pays, par l’armée et les forces kurdes, qui ont reçu en outre des armes de Washington.

Il s’est agi là de la principale victoire face aux jihadistes. Samedi, des frappes aériennes américaines ont aussi visé des positions de l’EI près du barrage.

Accusés par l’ONU de "nettoyage ethnique", les jihadistes de l’EI, également engagés dans la guerre en Syrie voisine, ont multiplié les exactions dans les régions conquises dans ces deux pays, poussant à la fuite des centaines de milliers d’habitants.

Plus de 1,6 million d’Irakiens ont été déplacés cette année par les violences en Irak, dont 850.000 durant le seul mois d’août.

Un grand nombre d’habitants membres des minorités yazidie, chrétienne et turcomane ont dû notamment quitter leurs foyers devant l’avancée de l’EI dans le nord de l’Irak, craignant pour leur vie.

Selon une ONG syrienne, des dizaines de femmes yazidies, capturées en Irak, ont été forcées à se convertir à l’islam puis "vendues" pour être mariées de force en Syrie à des combattants du groupe.

Alors que le président Barack Obama a reconnu cette semaine ne "pas encore avoir de stratégie" pour combattre l’EI, un "cancer" qu’il faut éradiquer selon lui, son chef de la diplomatie John Kerry, attendu dans la région après un sommet de l’Otan les 4 et 5 septembre, doit s’employer à réunir "la plus large coalition de nations possible" contre ces jihadistes.

M. Kerry a souligné que M. Obama proposerait un plan d’action à une réunion de l’ONU en septembre, après que le roi Abdallah d’Arabie saoudite a prévenu que l’Occident serait la prochaine cible de ces jihadistes, à moins qu’il n’agisse "rapidement".

En Syrie, où le conflit est devenu extrêmement complexe avec l’arrivée de jihadistes de l’étranger, le Front Al-Nosra, la branche locale d’Al-Qaïda, a revendiqué l’enlèvement d’une quarantaine de Casques bleus fidjiens retenus depuis jeudi sur le plateau du Golan.

Soixante-quinze autres Casques bleus philippins, bloqués en raison des combats, ont en revanche pu quitter leurs positions périlleuses et sont "sains et saufs", selon leur gouvernement.

En trois ans et demi, le conflit en Syrie, où la montée en puissance de l’EI a affaibli la rébellion face au régime, a fait plus de 191.000 morts selon l’ONU et poussé quelque 9 millions d’habitants à fuir leurs foyers, près de 50% de la population.

(31-08-2014 - Avec les agences de presse)

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